Hotel Beaune Au Grand Saint Jean

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DES HÔTELIERS EN LUTTE CONTRE LES CENTRALES DE RESERVATION (extrait du Journal Le Bien Public)

Claude Neaux

Fatigués de voir les centrales de réservation comme Booking prendre une importante commission, des hôteliers côte-d’oriens tentent d’inverser le rapport de force.

Les centrales de réservations en ligne, certains hôteliers n’en veulent plus. En Côte-d’Or, c’est le cas des hôtels Le Wilson, à Dijon, et Ermitage de Corton, à Beaune. Il faut dire que les centrales de réservation en ligne prennent, sur chaque réservation depuis leur site, entre 12 à 30 % du tarif TTC. Chez les agences de voyage, ce taux n’est que de 8 à 10 %. Et quand la réservation se fait directement sur le site de l’hôtel, rien n’est perdu pour les hôteliers.

Sandrine Descaillot, propriétaire de l’hôtel Wilson, à Dijon, fait partie de ses patrons en colère. Elle vient donc de rejoindre le programme FairBooking, afin « de contrer l’influence trop importante de sites comme booking.com. Aujourd’hui, ce site internet me prend 18 % par réservation, et m’impose ses conditions. » Un constat que fait aussi Nicolas Chambon, responsable de l’Ermitage de Corton, à Chorey-les-Beaune : « On fait un métier qui ne peut pas s’externaliser, et pourtant, près de 20 % de notre chiffre d’affaires part à l’étranger à cause de sites comme Booking. »

Impossible de vivre sans les centrales

Par exemple, la propriétaire de l’hôtel Wilson ne « peut pas baisser le prix de mes chambres sur mon site sans les baisser sur Booking. Et s’il ne me reste qu’une seule chambre, je ne peux pas la retirer de Booking afin de la laisser sur mon site. »

Mais la grande force du site internet numéro 1 dans la réservation d’hôtels, c’est qu’il sait que « pour les hôteliers, il est très difficile de s’en passer », reconnaît Sandrine Descaillot. « Sans Booking, aujourd’hui, mon taux de remplissage ne serait clairement pas le même. Le problème, c’est que si demain ils décident de prendre 25 % de commission, je serai obligé d’accepter. »

S’il n’a pas encore rejoint le mouvement, Jean-François Martinet, patron de l’Hpôtel de la poste à Beaune et Président des hôteliers de Côte-d’Or à l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) soutient sans concession ce projet. « Nous pensons mettre ça en place chez nous prochainement », affirme-t-il. L’Umih qui soutient d’ailleurs l’initiative FairBooking. « De notre côté, nous avons lancé une action devant l’Autorité de la concurrence », précise Lionnel Peticolas, vice-président du syndicat. « Nous demandons donc une moralisation des pratiques de centrales de réservation pour restaurer les conditions d’une concurrence libre et non faussée sur le marché. »

Comme ses collègues qui ont déjà rejoint le mouvement FairBooking, Lionnel Peticolas, patron du Château de Saulon considère que « les hôteliers sont aujourd’hui trop dépendants des centrales de réservations. Des sites comme Booking.com ont réussi à se rendre indispensable, et on ne peut pas lutter contre eux. Pourtant, ils prennent une part très importante de notre chiffre d’affaires. »

« Inverser le rapport de force »

Ce nouveau programme FairBooking, lancé par le club hôtelier de Nantes, entend donc inverser le rapport de force. Tout d’abord en informant les clients. « On sait que nous n’avons pas le poids pour peser sur Booking, mais il s’agit surtout d’informer les gens que notre situation empire. » Nicolas Chambon, lui, espère prouver aux clients que « Booking les trompe en faisant croire que cela est moins cher sur leur site, alors que dans les faits, ce n’est pas possible. »

Pour ce faire, le programme FairBooking va distribuer, dans les hôtels adhérents au mouvement des flyers d’information. « Le but, c’est de montrer aux gens, qui se trompent souvent sur ce point, que cela ne coûte pas plus cher de réserver directement sur le site internet de l’hôtel que sur des centrales de réservation. »